Chronologie des Mondes Connus

La Préhistoire et la Première République (2100-2500)

L’humanité parviendra à rejoindre les étoiles sous l’égide de la Première République, un gouvernement mondial dirigé par les « Zaibatsu » après la faillite de l’Organisation des Nations Unies, d’avides magnats dont les corporations finirent par supplanter les nations terrestres. Sous leur férule, les guerres furent déclarées hors-la-loi, obstacles à leur profit – mais il leur fallut trouver un nouvel exutoire, une odyssée où canaliser toute l’agressivité humaine. Les ressources terrestres finissant pas s’épuiser, la conquête spatiale apparut comme le moyen idéal. Les Zaibatsu colonisèrent rapidement le système solaire terrestre – jusqu’à ce qu’ils parviennent aux abords de Pluton, et que leurs sondes détectèrent la Traverse, le premier Portail de Saut…

Cet antique artefact, conçu par une race que l’on finira par dénommer Anunnaki, disparue 40 000 ans avant le Christ terrestre, provoqua l’étonnement et la crainte des humains. Bien que de nombreuses années de recherche furent nécessaires pour que l’on puisse comprendre comment déverrouiller les mécanismes les plus simples de son fonctionnement, son utilité était évidente : ouvrir un passage vers d’autres systèmes stellaires. Les scientifiques les plus diligents finirent par construire le premier propulseur de saut, une machinerie capable de lancer un vaisseau au-delà de la Traverse, le transportant instantanément à des années lumières de son point de départ. L’exode spatial pouvait alors réellement commencer.

Tout d’abord, les Zaibatsu contrôlèrent soigneusement la construction et la détention de vaisseaux équipés pour les sauts, amassant pour eux seuls les ressources offertes par les nouveaux mondes et systèmes stellaires. Mais lorsque des anarchistes parvinrent à mettre la main sur leurs secrets technologiques, plus personne ne put retenir les immenses vagues d’individus cherchant à échapper à l’étau d’acier des corporations et à s’installer sur un monde qu’ils façonneraient à leur manière. La Première République finit par s’effondrer au cours d’une longue guerre civile interstellaire, alors que l’univers s’était sur-étendu et que les alliances d’hier s’effondraient.

La Diaspora et l’Age des Miracles (2500-3500)

Le nouvel univers de l’Espace Humain se fragmenta en nations planétaires recluses, certaines démocratiques, d’autres totalitaires. Plusieurs des premiers dirigeants de ces mondes créèrent des dynasties appelées à durer des millénaires entiers : les premières Maisons nobles à régner sur les étoiles. Mais des années de coups d’essais politiques et sociaux ne parvinrent qu’à créer chaos et conflits entre ces mondes. Au sein de cet univers de dangers vint alors le Prophète Zacharie, un homme doté de la vision de la Création, don que lui aurait fait Dieu (qu’il renomma Pancréateur) prétendit-il. Rassemblant disciples et suivants, qui avaient laissé derrière eux les antiques dieux terrestres, il se mit à accomplir miracle sur miracle : l’humanité, qui avait désespérément besoin d’unité et d’espoir, se tourna vers le Prophète pour obtenir des réponses. Pourtant, les paroles du Prophète comprenaient une mise en garde, à l’encontre des démons rôdant dans les « Ténèbres d’entre les Étoiles »…

A cette époque, l’humanité croisa également la première race intelligente étrangère : les Shantor ongulés, à première vue des êtres équidés à peine évolués. Mais bientôt on put réaliser à quel point ils étaient intelligents – et dangereux. Rapidement, ils furent séquestrés – pour des raisons de prudence disait-on. Mais l’humanité allait bientôt croiser deux races cousines bien plus importantes encore : les Ur-Ukar, guerriers impitoyables qui provoqueront les premières défaites humaines dans l’espace, et les Ur-Obun, philosophes et savants – deux races dotées de pouvoirs psychiques et prétendument issues des Anunnaki, les bâtisseurs des Traverses.

Les Guerres Ukar qui s’ensuivirent permirent d’unifier l’humanité face à une race qui avait également atteint les étoiles, et hostile aux intérêts humains. Et après bien des débâcles, Palamède Alecto, suivant du Prophète, mena l’ Église Universelle du Soleil Céleste nouvellement fondée face aux Ukar sur leur propre monde : l’humanité était victorieuse, et la position de l’Église au sein des pouvoirs politiques et militaires était affermie.

L’humanité conquit de nouveaux mondes et dompta d’autres races évoluées, la plupart incapables de voyager dans l’espace, et donc jugées inférieures. Jusqu’aux Vao…

Les humains finirent par tomber sur bien plus imposants qu’eux, lorsqu’ils soumirent une race de paisibles insectoïdes jardiniers du nom de G’nesh. C’est alors que les souverains de ces derniers émergèrent de mondes inconnus à bord de vaisseaux spatiaux bien plus puissants et équipés d’armes énergétiques dévastatrices ; les humains n’eurent d’autre choix que de battre en retraite, taillés en pièces. Heureusement, les Vao se révélèrent non-expansionnistes et n’engagèrent aucunes représailles face aux humains. Tant qu’on les laisserait seuls, ils ne causeraient aucun problème – c’est du moins ce que jugèrent la plupart des humains. Mais au fil des siècles, d’étranges « cadeaux » et techniques offerts par les Vao ont toujours été prompts à déclencher des conflits au sein de l’humanité.

La Seconde République et la Chute (3500-4000)

Finalement, grâce à l’unité humaine amorcée par l’Église et les intérêts économiques exposés par les barons du commerce, une Seconde République fut enfin érigée, sous la forme d’un gouvernement démocratique englobant tous les mondes de l’Espace Humain. Sous son égide commença une période sans précédents de prospérité et de haute technologie : il semblait alors qu’il n’y aurait plus de limites au développement, aucun secret qui ne pourrait être dévoilé grâce à la puissance de l’esprit humain, associé à l’ingéniosité et à la vaillance.

Mais le pouvoir finit par tomber entre les mains d’une nouvelle aristocratie, profitant que personne ne se soucia plus de la sphère politique. Les Maisons nobles de la Diaspora, toujours aussi riches mais reléguées à l’arrière-plan, cherchèrent à regagner leur pouvoir d’antan et se mirent à comploter contre la République. Elles n’en furent que plus aidées par un renouveau du millénarisme et par une fièvre apocalyptique, alors que les scientifiques eurent découvert un phénomène terrifiant : les soleils se mourraient, les étoiles s’obscurcissaient, personne ne comprenant pourquoi…

Le gouvernement se montra impuissant à calmer cette panique, et le soudain effondrement du système informatique de protection sociale finit par provoquer des émeutes sur chaque planète. Des rebelles s’élevèrent, et avec une rapidité inouïe ils s’emparèrent du gouvernement central sur Byzantium Secundus, alors New Istanbul. Les nobles s’unirent à l’Église pour libérer la capitale, mais une fois victorieux ils refusèrent de rendre leur pouvoir aux sénateurs, le gardant pour eux-mêmes. L’humanité connaissait une nouvelle ère : un Age Obscur composé de seigneurs féodaux, de prêtres fanatiques et de guildes intrigantes.

Le Nouvel Age Féodal (4000-4900)

Les nouveaux maîtres des Mondes Connus ne tardèrent pas à se batailler les uns les autres, mais seuls les plus puissants, les plus rusés et les plus riches furent promis à la grandeur, tandis que bien d’autres finirent exsangues. Dans ce chaos, les masses furent abandonnées sans protection, et par désespoir beaucoup acceptèrent de signer un contrat générationnel de servage avec les Maisons nobles, prêtant allégeance aux seigneurs locaux en leur nom et celui de leurs enfants à venir. Dans un premier temps, l’Église s’opposa à de tels procédés, mais elle finit elle-même par les adopter, comprenant qu’ils demeuraient les seules garanties en vue de lever une armée face aux rivaux – or l’Église était alors aussi agressive et militariste que la noblesse.

Les corporations de la Seconde République se retrouvèrent avec une bien maigre part du butin. Après avoir perdu ou renoncé de force à leurs biens, leur puissance s’était effondrée. Mais un conglomérat de toutes ces corporations se rassembla afin de créer la Ligue Marchande, et refonda les statuts d’hier pour transformer les corporations en guildes, celles-ci ayant l’avantage de contrôler plus facilement leurs membres et l’avancement de ces derniers. Par ailleurs, la Ligue put conserver ses brevets technologiques secrets, bien que des agents durent payer ce privilège de leur vie, chargés d’effacer les données des machines pensantes tombées entre les mains des nobles.

Incapables de maintenir leurs vaisseaux et leur armement de haute technologie, les nobles et l’Église se retrouvèrent dans l’impasse. Après qu’une campagne insidieuse à l’encontre des guildes ait échoué à dévoiler les secrets de la Ligue, les nobles n’eurent d’autre choix que d’accepter les guildes marchandes comme ses égales. Même l’Église dut se résigner à leur abandonner une parcelle de pouvoir, par le biais d’une Bulle Patriarcale n’autorisant l’usage des hautes technologies proscrites qu’aux prêtres, nobles et guildiens. Dès lors que ces secrets scientifiques furent mis hors de portée des masses, la transformation de la société des Mondes Connus en régime féodal fut complète : seules les classes supérieures pouvaient se déplacer entre les étoiles, tandis que les paysans vivaient, besognaient et mouraient sur le sol de la planète qui les avait vus naître.

Mais les Mondes Connus ne rassemblaient pas tous les mondes de l’Espace Humain : au cours de la Chute de la Seconde République, de nombreuses planètes furent perdues, leurs coordonnées de saut volées ou leurs Traverses condamnées. Après des siècles d’oubli, certains de ces mondes refirent surface, libérant des hordes de raiders barbares sur les Mondes Connus, semant la destruction et pillant les fiefs des Maisons nobles.

Seule une puissante coalition des nobles pouvait faire barrage aux clans barbares dispersés, et seul un maître tacticien pouvait former une telle coalition. Cet homme fut Vladimir Alecto, descendant de Palamède, dont la campagne face aux barbares le propulsa aux sommets du pouvoir. Après sa victoire face aux raiders, il se proclama premier Empereur des Mondes Connus, tandis que sa campagne de pacification fit que même les nobles les plus récalcitrants se résignèrent à admettre sa souveraineté.

Mais le jour de son sacre, alors qu’il plaçait la couronne sur sa tête, il mourut mystérieusement après une soudaine déflagration. Sa coalition s’entredéchira, les Maisons s’accusant l’une l’autre de la mort de l’Empereur. Finalement, la paix put être de nouveau restaurée, assurée par les réformes de Vladimir : toutes les Maisons, sectes et guildes pourront voter à égalité afin de désigner tous les dix ans un noble comme Régent, qui régnerait jusqu’à ce qu’un nouvel Empereur remonte sur le trône.

Les Nouvelles Menaces (4900-4993)

Il faudra pourtant attendre près de cinq cents ans avant qu’un Empereur ne soit de nouveau élu, dans le bruit et la fureur. Ce dernier siècle est celui des grandes menaces, des nouveaux assaillants. En 4900, des jungles inexplorées de la planète oubliée de Chernobog surgit une nouvelle race, agressive, redoutable, dont les individus semblent capables de changer de forme à volonté : les Symbiotes. Mais bientôt, on comprit le vrai danger : ces créatures étaient capable de « convertir » leurs prisonniers, les transformant en de nouveaux Symbiotes, grossissant leurs troupes au rythme des combats… La marée était imprévisible, et bientôt la planète Absolution tomba entre leurs mains, sans que la flotte de la Régence ne puisse les arrêter. Daishan allait bientôt subir le même sort : le Régent ordonna qu’on atomisa la planète – si elle était inhabitable pour les humains, elle se serait pour les Symbiotes. Depuis, le sort des Mondes Connus se joue sur la planète martyre : Stigmata – si jamais elle devait sombrer, nul ne sait comment l’humanité pourrait alors se défendre. Maintenant monde entre les mains de la Régence, puis de l’Empire sous Alexius, Stigmata dispose des meilleures unités qui existent, notamment les Frères de Combat et l’Ordre de la Lumière Manifeste qui regroupe théurges et psychomanciens – bien plus efficaces face aux Symbiotes que l’armement haute-technologie des Maisons nobles.

Sur fond de conflit avec les Symbiotes, restait encore à placer un Empereur sur le trône de Vladimir : 40 années de boucherie, les tristement célèbres Guerres Impériales, seront nécessaires, durant lesquelles on assistera à un renouveau technologique sans précédents – hélas réservé au domaine militaire. De 4953 à 4993, deux solides candidats émergèrent de la masse noble : tout d’abord Darius Hawkwood, jusqu’à sa mort au milieu du conflit, puis son neveu Alexius, célèbre général (renommé pour avoir sauvé de justesse la Garnison de Stigmata désertée par les Décados qui la commandaient alors), élu Régent en 4983. Rapidement, les nobles finirent par se positionner pour ou contre Alexius : les al-Malik durent renoncer à la lutte (déjà préoccupés par la lutte face aux Symbiotes), ainsi que les Li Halan (sous la pression du Patriarche), et les deux Maisons devinrent les alliées (au moins objectives) des Hawkwood et d’Alexius, face à l’alliance des Hazat et des Décados.

Le sort en était jeté, et la bataille finale se joua sur la lune de Byzantium Secundus, Jéricho : chacun y débarqua ses troupes pour le dernier affrontement, lorsque les générateurs maintenant l’atmosphère artificielle furent sabotés – en quelques minutes, les meilleures légions des Mondes Connus n’étaient plus qu’un sanglant souvenir… L’alliance entre Hazat et Décados s’effondra, ces derniers préférant cesser un combat maintenant perdu d’avance, mais les Hazat continuèrent une lutte (vaine) jusqu’en 4993, jusqu’à ce que les barbares du Califat Kurgan émergent des Mondes Perdus et les débordent – les Hazat étaient pris en tenaille, entre les partisans d’Alexius et les barbares, ils durent abandonner la course pour le trône… Alexius Hawkwood put enfin être couronné Empereur en 4993, élu à la majorité par le Conseil des Grands Électeurs institué sous Vladimir.

L’Empire d’Alexius (4993-4999)

Après six années passées sous le règne du nouvel Empereur, la paix a enfin été retrouvée ou presque. Les routes de saut sont réouvertes et les pèlerins peuvent voyager en sécurité vers d’autres mondes. Les marchands peuvent de nouveau aller et venir sur les voies spatiales, vendant à leurs clients des biens insolites qu’ils n’avaient plus vu depuis l’époque de leurs grands-pères. Et l’aventure reprend, Alexius ayant lancé une grande quête : explorer les étoiles, redécouvrir les mondes perdus de la Seconde République et résoudre le mystère des soleils mourants…

Mais il reste encore bien des énigmes : si le Front de Stigmata s’est stabilisé, quelle sera à terme la résolution du conflit face aux Symbiotes – certains parlent même de tractations secrètes avec l’Empire. Quel est le sort réservé aux raiders Vuldrok et aux hérétiques du Califat Kurgan – Alexius et le Patriarche pencheront-ils enfin pour une vaste Croisade Stellaire ? Et les Vao semblent de plus en plus s’intéresser à l’humanité, après deux millénaires de cohabitation lointaine… Après tout, malgré leur technologie formidable, leurs soleils se meurent également…

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